Oxymètre : à quoi sert cet instrument de mesure?

Oxymètre : à quoi sert cet instrument de mesure?

En pleine crise sanitaire liée au coronavirus, nous savons désormais que ce virus entraine de graves symptômes respiratoires qui induisent une baisse de l’oxygénation du sang. C’est peut-être l’occasion de vous munir d’un appareil de mesure de votre saturation en oxygène dans le sang. On appelle cet outil un oxymètre et dans cet article nous allons vous expliquer tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.

Qu’est-ce que la saturation en oxygène?

Lorsque vous respirez, ou plus précisément lorsque vous inspirez, vos poumons procèdent au rechargement de vos globules rouges en oxygène. A contrario, lorsque vous expirez, vos poumons évacuent le CO2 (gaz carbonique ou dioxyde de carbone) de votre organisme.

Les globules rouges sont un type de cellule spécialisé dans le transport des molécules d’oxygène. Elles permettent la fixation de cet oxygène dans les tissus grâce au fer contenu dans l’hémoglobine. C’est cette hémoglobine qui donne la couleur rouge du sang.

L’organisme a un besoin vital d’oxygène pour que l’ensemble des appareils du corps humain fonctionnent correctement. En effet, l’oxygène est une molécule indispensable au bon fonctionnement de nombreuses réactions chimiques qui s’opèrent à l’intérieur des cellules des différents organes.

Après expiration, le sang est déchargée en CO2 mais pauvre en O2. Pendant l’inspiration, les voies aériennes amènent l’air jusqu’aux poumons. Lorsque l’air arrive au niveau des alvéoles pulmonaires, les molécules de O2 passent la paroi des alvéoles pour aller jusque dans les capillaires sanguins. C’est de cette manière que les globules rouges se chargent en O2 et alimentent le corps par la suite grâce à la circulation sanguine.

Mesurer la saturation en oxygène permet donc de déterminer si l’appareil respiratoire fait bien son rôle. C’est une constante vitale essentielle à mesurer en cas de pathologie.

Cette valeur correspond au taux de O2 que contiennent les globules rouges après le passage du sang dans les poumons. On mesure le SpO2 avec un appareil appelé un oxymètre (ou saturomètre).

Dans le milieu médical, il est également possible d’effectuer une prise de sang qui, après analyse en laboratoire, permettra de déterminer avec précision le taux de SaO2 mais ce n’est pas le sujet ici. C’est évidement une méthode bien plus invasive.

Fonctionnement d’un oxymètre :

Que ce soit l’oxymètre utilisé dans les hôpitaux ou les cliniques ou bien l’oxymètre destiné aux particuliers, le principe physique de fonctionnement est le même.

Ces instruments fonctionnent sur le principe de l’absorbance. D’un point de vue strictement physique, l’absorbance est la capacité d’un milieu liquide ou gazeux à absorber la lumière qui le traverse.

Il existe différents types d’oxymètres :

  • L’oxymètre paramagnétique
  • L’oxymètre à pile combustible
  • L’oxymètre ampèremétrique
  • L’oxymètre optique par luminescence
  • L’oxymètre colorimétrique
  • L’oxymètre à capteur électrochimique

Néanmoins, puisque nous parlons médecine, un seul de ces types sera étudié dans cet article, l’oxymètre colorimétrique. Les autres sont conçus pour d’autres domaines d’activité que la santé.

Cet instrument porte d’autres noms, oxymètre de pouls ou saturomètre, car la mesure s’effectue en fonction des pulsations du pouls, on parle alors de saturation pulsée en oxygène : SpO2

Il existe une loi en physique, la loi de Beer-Lambert, qui indique que l’on peut déterminer la concentration d’une molécule chimique dans un milieu en fonction de son absorbance. Sur la base de cette loi, l’oxymètre colorimétrique est un appareil qui envoie deux rayons lumineux d’une longueur d’onde différente et qui analyse la lumière résultante à travers les capillaires sanguins.

On mesure cette concentration au niveau d’un doigt de la main. La circulation sanguine au niveau du doigt doit être bonne, c’est à dire que le doigt ne doit pas être froid. Si tel était le cas, l’oxymètre aurait du mal à effectuer le calcul simplement par manque de sang. Ce petit inconvénient est fréquent chez les personnes âgées, il suffit donc de changer l’appareil de doigt ou de réchauffer ce dernier.

On obtient un résultat en pourcentage :

  • de 98 à 100% l’oxygénation est optimale
  • de 90 à 98% l’oxygénation est moyenne à bonne
  • en dessous de 90% l’oxygénation est mauvaise

Lorsque la saturation en oxygène SpO2 est trop basse, on parle alors d’hypoxie (ou hypoxémie)3. Lorsqu’elle est dangereusement faible on parle d’anoxie3.

C’est un outil de mesure simple à utiliser. Equipé d’une pince que l’on met au bout d’un doigt et d’un écran à affichage numérique directement sur la pince ou séparé. Tout le monde peut se servir très facilement d’un oxymètre, il n’y a rien de sorcier à l’utiliser.

Outre le domaine médical, les sportifs peuvent également y trouver une utilité, comme bien des domaines.

Symptômes de l’hypoxie :

Comme bien souvent en médecine, les symptômes peuvent différer selon le sujet :

  • La tachycardie : un des signes les plus révélateurs
  • L’hyperventilation : le fait de forcer sa respiration
  • La cyanose : aspect bleuté de la peau, en particulier aux extrémités
  • Des céphalées : maux de tête
  • Des nausées
  • Des troubles du comportement : manque d’oxygénation du cerveau

Types d’hypoxie :

Les symptômes sont à corréler avec les différents types d’hypoxie :

  • Cérébrale : problème d’apport d’O2 au cerveau
  • Foetale : insuffisance d’apport d’O2 au foetus
  • Hypoxémique : baisse de pression
  • Anémique : diminution du taux de globules rouges
  • Circulatoire : problème de débit sanguin
  • Cytotoxique : modifications chimiques de certaines enzymes
  • D’altitude2 : lorsque l’on est en altitude

Facteurs de risques de l’hypoxie :

Les personnes atteintes de certaines pathologies sont évidement plus sujettes à développer une hypoxie :

  • Les asthmatiques
  • Les patients atteints d’anémie
  • Les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires
  • Les fumeurs
  • Les personnes âgées
  • Les plongeurs
  • Les patients atteints de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)
  • et bien d’autres …

Le sujet sain comme le sujet pathologique peuvent avoir à faire face à une hypoxie1

Documentation

  1. Hypoxémie et hypoxie chez le sujet sain et pathologique
  2. Altitude et entrainement
  3. Hypoxie et anoxie

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